Sérigraphie Serge & Jane, 25 ans | Dezzig

Sérigraphie Serge & Jane, 25 ans

Jeudi 3 mars 2016 12 commentaires

Sérigraphie Serge Gainsbourg - Jane Birkin - © Dezzig

Gainsbourg était un adepte de l’initial B. de Bardot, Birkin à Bambou, jolies femmes et voix de velours… Le couple qu’il formait avec Jane dans les années 70 constitue à lui seul la quintessence du style Gainsbourg : sa classe, son élégance, sa désinvolture et son goût pour un érotisme exquis. Cette sérigraphie lui rend hommage pour le 25e anniversaire de sa disparition, exactement.

Je suis très fier de vous présenter cette nouvelle sérigraphie consacrée à Serge et Jane. Elle est maintenant disponible dans le artshop, imprimée sur papier Fedrigoni Saville Row Dark Gray 300 gr au format 70 x 100 cm. Edition limitée de 150 ex, signée et numérotée par Zig. Ce tirage en sérigraphie d’art utilise 5 couleurs d’encres mates ainsi qu’une teinte brillante visible à la lumière, vous ne serez pas déçu ! L’histoire de cette affiche est une cristallisation d’actes manqués, elle aurait pu ne jamais exister. Comme quoi, il y a parfois de bonnes nouvelles sous les étoiles. Même si je n’ai pas connu Serge autrefois, c’est mon travail le plus passionnant, ma nostalgie camarade, mon Gainsbourg à moi.

Sérigraphie Serge Gainsbourg - Jane Birkin - © Dezzig
Sérigraphie Serge Gainsbourg - Jane Birkin - © Dezzig

Il m’a fallu tout reprendre à rebours pour comprendre ce que Gainsbourg nous a laissé et rendre hommage à l’artiste disparu le 2 mars 1991. Quand j’assistais aux outrances d’un Gainsbarre provocateur sur la télévision de 1986, pour le môme de 13 ans que j’étais à ce moment, c’était une tête de chou décharnée et barrée, clopin clopant… Comme la caricature gainsbarienne façon Mr Hide justement croquée par Joann Sfar dans le film Gainsbourg Héroique. Derrière le masque, il a fallu du temps pour redécouvrir l’artiste majeur…

Début 2013, je prends contact avec Maurice Renoma, j’ai un projet : je veux créer une sérigraphie hommage en travaillant à partir d’une photo mythique de Serge et Jane. Sur cette photo du couple enlacé (probablement datée de 1968), on reconnait le fameux costume à rayures que la célèbre marque Renoma – couturier avant-gardiste fan des dandys sixties – créait sur mesure pour lui. Définitivement l’apogée du style Gainsbourg et sa période musicale la plus faste et inventive dans les années soixante et soixante-dix. Juste avant le reggae, jeans et chaussures Repetto blanches aux pieds, mal rasé, mais ça c’est une autre histoire… Intrigué par cette photo sublime, j’écris à Maurice Renoma qui m’encourage alors pour continuer mon projet : « Jane Birkin qui est très open pour tout acte artistique, serait probablement intéressée par votre travail. ». Hélas la photo recherchée n’est pas une publicité Renoma comme tant d’autres réalisées par le photographe David Bailey. Il me dirige alors vers Tony Franck, pas lui non plus… Fausse piste, retour à la case départ.

Sérigraphie Serge Gainsbourg - Jane Birkin - © Dezzig
Sérigraphie Serge Gainsbourg - Jane Birkin - © Dezzig

Avril 2013, je demande de l’aide à Gilles Verlant (biographe et ami de Gainsbourg) pour rechercher l’auteur de cette fameuse photo. Il avait – sans connaître mon nom – repéré certains de mes travaux : « du très beau travail » me dira-t-il. Porté par son généreux soutien et son carnet d’adresses de galeries photo en Belgique et à Londres… Á un train d’enfer, je me lance dans une recherche qui n’aboutira jamais… Pour cause, personne ne retrouvera l’auteur de cette photographie ni trace de sa première publication. En septembre de cette même année, Gilles tombe dans son escalier et décède brutalement. Ce drame met un terme définitif à mes recherches, point-barre.

Histoire de Mélody Nelson : Serge Gainsbourg - Jane Birkin
Histoire de Mélody Nelson : Serge Gainsbourg © Patrick Bertrand
Serge Gainsbourg dans sa maison rue de Verneuil, photo de Patrick Bertrand en 1971.

En 2015, je ressors des cartons ce vieux projet en travaillant sur une soixantaine d’esquisses et compositions typographiques pour former mon propre abécédaire gainsbourrien, son étonnante modernité, son langage. J’exhume ma vieille intégrale en CD et vinyle, j’appuie sur le starter et je me mets à tout réécouter depuis le premier disque de 1958, en immersion totale. Quel auteur, quelle musique ! Décomplexé par l’audace de Boris Vian, Gainsbourg trousse ses chansons bastringues de jeux de mots, de gimmicks pianistiques et organiques, d’arrangements cabaret jazzy qui installent son style sans pudeur (du moins intellectuellement). En déséquilibre constant, enfermé dans son registre de chanteur intello côté rive gauche propulsé par Juliette Greco… il commence enfin à s’encanailler le Serge ! Le jazz est toujours là mais le style se sophistique avec des rythmes afro-cubains, un zest de musique classique, piano Fender Rhodes, quelques riffs de guitares électriques sous la Fender bass, et l’utilisation de paroles qui font swinguer le british et le français. « Voilà c’est commercial mais pas infâmant, je crois. Moi évidemment je préfère écrire des choses plus grinçantes et plus agressives. Mais le rock, et le twist, je suis pour. C’est ainsi que l’on amène le grand public vers le véritable jazz » dira Gainsbourg en 1963.

Sérigraphie Serge Gainsbourg - Jane Birkin - © Dezzig
Sérigraphie Serge Gainsbourg - Jane Birkin - © Dezzig

Pour rattraper le temps perdu, chaque jour, je dessine sur le papier quelques opus en typo : Black Trombone, Requiem pour un twister, New-York USA, véritables petits bijoux mélodiques et rythmiques, sans oublier Intoxicated man, justement repris par Mick Harvey (guitariste australien de Nick Cave et Gainsbourophile converti sur le tard) sur un très bel album hommage sorti en 1994. Forcément, vu par un anglophone, Gainsbourg est notre Beatles à nous… Alors, au fur et à mesure de l’écoute, le « Gainsbourg classique » révèle sa lumière comme une photo dans le bain du révélateur. Vêtu de volutes noires et argent, pareil aux murs de son hôtel particulier 5 bis rue de Verneuil à Paris… Comme des graffitis, je noircis la page de titres de chansons : New York USA, Chatterton, Sous le soleil exactement, Bonnie & Clide, Initial B.B., Requiem pour un con… Pas démodé pour un sou, le Gainsbourg ! Serge a quarante ans, il est enfin beau. J’écoule la Ballade de Mélodie Nelson en boucle sur la platine vinyle, bouclé sur le fauteuil d’une Rolls Royce imaginaire… Silver Ghost. Dans un nuage d’encre de chine, la Venus d’argent s’avance enfin, c’est Jane Birkin.

Jane Birkin et Serge Gainsbourg © Benjamin Auger
Jane Birkin et Serge Gainsbourg photographiés par Benjamin Auger en 1971

« Signalement yeux bleus, cheveux châtain, Jane B., anglaise… ». Egérie exquise et gracile, une fragilité dingue dans la voix, Jane détonne et nous touche au plus juste. Juste là, une belle dans la peau, « lentement, j’embrasse Mélody… » Jane aime Serge et Serge aime Birkin, surtout en mode « râle mineur », pour faire tourner l’érotisme chic de Je t’aime moi non plus, en 1968. Sur la sérigraphie finale, la déclaration s’inscrit comme un slogan sous l’étreinte de ces deux inséparables. Fresque monochrome, ton sur ton sur la feuille gris anthracite, je termine l’impression du visuel en janvier 2016. Un bout d’histoire personnelle est enfin couché sur le papier, une vraie rencontre virtuelle avec ce dandy cynique et drôle au summum de son art. J’ai pris mon temps, j’ai pris mon pied ! Cela fait 25 ans que Gainsbourg et son Gainsborough ont pris leur dernier ferry-boat… Comment lui dire adieu ? Il aurait 88 ans aujourd’hui. Je crois que Gilles aurait aimé.

Sérigraphie Serge Gainsbourg - Jane Birkin - © Dezzig

Sérigraphie Serge Gainsbourg - Jane Birkin - © Dezzig

Merci à House-Martin pour les photographies dans leur jolie maison d’hôte en Bretagne. Article et photos par Stéphane Constant © 2016 Dezzig

Zig a dit le 3 mars 2016 à 23 h 32 min

Il y a actuellement une très jolie exposition Serge Gainsbourg à l’Atelier de l’instant (Paris) du 11 mars au 31 mai 2016. Vernissage le 10 mars à 19h en présence de Tony Frank

Zig a dit le 4 mars 2016 à 19 h 18 min

Les amis, je vous propose un petit jeu pour gagner 1 sérigraphie Serge & Jane.
Dans cet article, je fait allusions à 25 chansons ou albums de Serge Gainsbourg (hormis les titres cités en italique). Ce sont parfois de simples mots, des expressions…
Le premier qui donne la liste des 25 chansons remporte 1 sérigraphie d’une valeur de 100€. Vous pouvez jouer jusqu’à dimanche !

Pilou a dit le 5 mars 2016 à 9 h 17 min

Ben, Zig, on sent que tu as mis toutes tes tripes dans ce nouveau visuel… La grande classe, le résultat ! Cette moue sur le visage, c’est tellement lui !

Je suis loin d’être un spécialiste de Gainsbourg, je n’ai donc pas saisi toutes les allusions à ses chansons, mais je te propose ci-après ma petite liste de 12 titres que je pense avoir identifiés… (oui, je sais, ce n’est même pas la moitié…bouhh!)

Je tente (à gauche des deux points « : » extraits de ton article / à droite des « : » titre de la chanson putative) :

- ma nostalgie camarade : Nostalgie camarade
- c’était une tête de chou : L’homme à la tête de choux
- façon Mr Hide : Docteur Jekyll Et Mister Hyde
- … (masqué)
- à un train d’enfer / j’appuie sur le starter : Harley Davidson
- … (masqué)
- enfin à s’encanailler le Serge : Vieille canaille
- piano Fender : Yesterday on Fender
- Rolls Royce imaginaire : Melody
- gris anthracite : L’anthracite
- … (masqué)
- Gainsbourg et son Gainsborough ont pris leur dernier ferry-boat… : 69 année érotique

Si j’en trouve d’autres, je viendrai compléter ce commentaire. Sinon, me suis bien amusé à essayer, en découvrant d’autres chansons de Gainsbourg qui plus est. Merci pour l’idée de ce jeu…

Amitiés,

Pilou

Zig a dit le 5 mars 2016 à 10 h 07 min

Merci à toi Pilou, 12 chansons, c’est déjà pas mal ;-) Continue, moi j’ai trouvé 31 chansons !

LUCAS mathieu a dit le 5 mars 2016 à 18 h 35 min

Salut,

Je pense avoir le compte!
Tout n’est pas forcément dans l’ordre car j’y suis un peu allé à la petzel mais le coeur y est!!

{liste masquée}

Y a plus qu’à croiser les doigts maintenant!!!

Zig a dit le 5 mars 2016 à 18 h 52 min

Merci Mathieu, je vérifie dimanche toutes les participations y compris celles reçues sur Facebook.Wait & see !

pierre a dit le 5 mars 2016 à 18 h 59 min

Je tente… ;-)

{liste masquée}

Charlotte a dit le 5 mars 2016 à 19 h 26 min

{liste masquée}
Il y en a plus de 25 je crois dans tout ça…
Ça m’a pris beaucoup de temps et ça m’a permis de découvrir des chansons que je ne connaissais pas.
Je tente le jeu car mon papa est un grand fan de gainsbourg. Ça serait un magnifique cadeau pour lui.
C’est pas pour rien que je m’appelle Charlotte…

Stephane D. a dit le 6 mars 2016 à 10 h 45 min

Une superbe affiche encore une fois. Bravo !
Et ma petite participation pour le fun.
En fait, on s’aperçoit qu’il a parcouru tout le dico français tant on retrouve la langue française dans ses chanson.

{liste masquée}

Lazou Mégane a dit le 6 mars 2016 à 19 h 11 min

Je m’y suis prise au jeu aussi ! Et pareil j’en ai trouvé plus que 25, mais j’ai choisi les plus logiques.
Au plaisir que tout ça corresponde : {liste masquée}

Zig a dit le 7 mars 2016 à 9 h 21 min

Merci à tous ceux qui ont participé à mon jeu pour remporter 1 affiche Gainsbourg, après vérification de toutes les propositions, c’est Laurent (sur Facebook) qui a donné en premier une liste de 25 titres, bravo à lui, c’était pas facile. Je sais que certains vont être déçu, mais j’espère que vous vous êtes bien amusé. ;-)

Voici la liste complète des titres des chansons ou albums qu’il fallait trouver :
1 : Initial BB
2 : Sous le soleil exactement
3 : C’est la cristallisation comme dit Stendhal
4 : Mauvaises nouvelles des étoiles
5 : La nostalgie camarade
6 : Bonnie & Clide
7 : Sorry Angel (« Le compte avait commencé à rebours »)
8 : L’homme à la tête de chou
9 : Docteur Jekyll et monsieur Hyde
10 : Ex-fan des sixties
11 : Harley Davidson (« J’appuie sur le starter »)
12 : Elastique (« Je suis élastique dans mes gimmiks » – Charlotte Gainsbourg)
13 : Les déménageurs de Piano (« Mais là encore faut se farcir le bastringue »)
14 : Les dessous-chics (« c’est la pudeur des sentiments)
15 : Lemon inceste (« un zest de citron » « Exquise esquisse »)
16 : Comic-strip (« J’distribue les swings et les uppercuts »)
17 : Dieu Fumeur de Havanes (« Je vois tes volutes bleues »)
18 : Mélodie Nelson (« Silver Ghost, la Venus d’argent »)
19 : La chanson de Slogan
20 : L’anthracite
21 : 69 année érotique ( » Gainsbourg et son Gainsborough ont pris leur dernier ferry-boat… »)
22 : L’appareil à sous
23 : 12 belles dans la peau
24 : Un Poison Violent C’est ça L’amour (« Parce que moi je suis assez cynique… »)
25 : Comment te dire adieu ?
26 : Les femmes c’est du chinois (« encre de chine »)
26 : First class ticket / yesterday on fender
27 : Vieille Canaille
28 : Variations sur Marilou (« Tandis que Marilou s’évertue à faire des volutes »)
29 : Par hasard et pas rasé (« Repetto blanches aux pieds, mal rasé »)
30 : French Graffiti
31 : L’hôtel particulier

Stereographics a dit le 4 juillet 2016 à 11 h 42 min

[...] j’en ai beaucoup parlé récemment, l’Histoire de Melody Nelson et un disque que je peux écouter cent fois sans jamais me [...]