LA SÉRIGRAPHIE

Atelier Dezzig

 

La sérigraphie sur papier est au graphisme ce que le pinceau est à la peinture : une technique d’expression artisanale exceptionnelle.

 

La sérigraphie d’art sur papier bénéficie d’un véritable engouement pour sa simplicité et sa qualité d’impression en aplat. C’est une pratique artisanale contemporaine qui a su se moderniser en restant la technique d’expression artistique la plus attrayante et bénéficie du prestige laissé par le mouvement pop-art et les grands affichistes. Le sérigraphisme (sérigraphie + graphisme) est aujourd’hui un véritable mode d’expression artistique : une brève histoire du sérigraphisme.
Les techniques d’impression numériques (Giclee, Fine Art Print) sont encore loin d’obtenir le même rendu de couleur (la sérigraphie utilise des encres mattes ou brillantes voire les deux), la même épaisseur d’encrage ni la même conservation à la lumière naturelle.

 

 

Ecran de sérigraphie

 

 

La sérigraphie est une technique qui consiste à faire passer une encre au travers d’un écran (le principe du pochoir). L’encre se dépose ainsi sur le support en reproduisant les formes ouvertes de l’écran. La sérigraphie utilise un écran à l’origine en soie (du latin sericum la soie) remplacé aujourd’hui par le polyamide.

 

Les avantages de la sérigraphie sont multiples : variété des supports, résistances des encres aux agressions mécaniques, chimiques, aux UV, qualité des aplats de couleur, utilisation d’encres spéciales fluos, phosphorescentes, en relief, à pigments métalliques, grattables, odorantes, miroir, révélables à la lumière noire… On peut aussi utiliser des encres à base d’élements végétaux ou les mélanger avec d’autres substances plus originales comme de la terre, du pétrole, et même du Whisky.

 

 

Le Papier

Le choix du papier est déterminant, chaque tirage issu de l’atelier Dezzig est une relation privilégiée entre l’artiste et le sérigraphe. Pour chaque sérigraphie, la couleur, le relief du papier vient s’intégrer à l’illustration pour créer un objet d’art unique. Imprimer sur papier noir, argent ivoire, rouge n’est pas sans conséquences, cela necessite une préparation particulière pour adapter le visuel et l’ordre de passage des encres. Je travaille exclusivement avec les papiers Fedrigoni, Colorplan, GF Smith, Gmund, Lana sur des grammages de 250 à 350 g.

 

 

 

La couleur

La contrainte principale est que pour chaque couleur ajoutée, la sérigraphie devient plus coûteuse. La plupart des artistes et graphistes choisissent donc de se limiter à 4 couleurs maximum. Toutefois avec quelques astuces, il est possible de contourner ces limitations de couleurs en créant des trames de demi-teintes (points) ou superposer 2 couleurs pour obtenir une troisième teinte. Autre subtilité, on peut également utiliser des encres semi-transparentes, les possibilités sont donc infinies.
La sérigraphie est capable de superposer des couches pour créer l’illusion de couleurs différentes ! Par exemple, une suprimpression de jaune et de rouge permet d’obtenir une teinte orangée. Cela permet à l’artiste de créer un éventail plus important de couleurs pour le prix d’une impression en 2 ou 3 couleurs, bien pratique.

 

 

 

Comment sont imprimées les affiches Dezzig ?

 

L’écran est constitué d’un tissu polyamide tendu et fixé sur un cadre (anciennement en bois, aujourd’hui en aluminium) à l’aide de colles spéciales. Le tissu vierge est uniformément poreux. Il doit être préparé pour que l’impression d’un motif soit possible : c’est l’insolation.

 

Pour créer le dessin de l’affiche, on peut dessiner en noir opaque (pour bloquer la lumière) directement sur un film ou utiliser un fichier informatique pour imprimer ce film. Attention, il faut autant de films que de couleur.

 

L’insolation consiste à déposer une émulsion photo-sensible sur l’écran (comme pour un tirage photo). Dans le noir, on utilise une lumière intense pour “brûler” l’écran et projeter le film sur l’écran. A la fin de cette étape, il faut passer un jet d’eau pour dégager le pochoir des zones non brûlées : c’est le dépouillement.

 

 

 

 

L’artiste/graphiste est donc en mesure d’intervenir pendant le processus d’impression (nombre de passage, choix des couleurs, etc.). Toutes les couleurs sont composées les unes après les autres et utilisées en aplat. Cette qualité d’impression couleur par couleur permet une épaisseur d’encrage plus importante et une qualité de rendu de couleur sans équivalent. C’est un gros travail, il n’y pas de machine automatique pour tout faire en appuyant sur un bouton ! Ici tout est manuel.

 

On peut aussi déterminer la transparence de la couleur (plus la couleur contient de blanc, plus elle est opaque), mais certaines marques d’encres sont plus opaques que d’autres. Pas de secret, il faut procéder à de nombreux essais.

 

Pour commencer le tirage on dépose une réserve d’encre au bord de l’écran. La racle va ensuite uniformiser l’encrage sur l’écran. Il ne reste plus qu’à glisser une feuille ! La racle fait passer l’encre à travers l’écran qui vient se déposer sur la feuille.

 

 

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