Retour sur Earthquakes & Aftershocks

Exposiiton de sérigraphie Rennes Earthquakes & Aftershocks

Retour sur l’exposition Earthsquakes & Aftershocks qui a eu lieu à l’École des beaux-arts de Rennes le 27 janvier 2005. L’exposition réunissait 64 affiches créées et imprimées par les étudiants du département de design graphique de CalArts (California Institute of Arts). Ces affiches réalisées de 1986 à 2004 donnèrent pour la première fois un aperçu vivifiant de la culture californienne.

 

Si je vous en reparle maintenant, c’est parce que cette exposition fut un déclencheur. Elle m’a donné pour la première fois envie de m’intéresser à la sérigraphie, elle m’a ouvert les yeux sur un champs d’expérimentation inédit. 10 ans plus tard, je possèderais mon propre atelier pour imprimer des affiches, mais en 2005, je savais à peine en quoi consistait cette technique, je faisais tout à la main : dessins, encrages et peintures.

Exposiiton de sérigraphie Rennes Earthquakes & Aftershocks

Pour la première fois, on découvrait le talent prometteur d’étudiants californiens comme Barry Deck. J’ai ainsi découvert avec enthousiasme les affiches de Jon Sueda, ce “gamin” globe-trotteur originaire d’Hawai et diplômé à 29 ans de la célèbre CalArts en 2002. Il a formé depuis le studio graphique Stripe SF avec Gail Swanlund en plein cœur de Los Angeles : une recherche permanente, des mise en page épurées : un régal pour les yeux !

 

 

Jérôme Saint-Loubert Bié (graphiste, enseignant en design graphique à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg) présente ainsi l’exposition : “Louise Sandhauss a accepté avec beaucoup d’enthousiasme de sélectionner les affiches parmi plus d’un millier et à également suggéré le titre de l’exposition, qui couvrait une période de presque 20 ans. Par conséquent elle ne présentait pas un phénomène ponctuel, mais retraçait en quelque sorte une histoire. CalArts est une école d’art, mais aussi de danse, de musique, de cinéma, de théâtre et de théorie, situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Downtown Los Angeles. Le fait que ces différentes disciplines soient enseignées implique qu’elles s’influencent et s’informent mutuellement. [..] J’ai moi-même étudié à CalArts au milieu des années 1990, mais dans le département de photographie, et mon point de vue sur ce qui se faisait dans celui de design graphique était un peu extérieur. Je regardais les affiches dans les couloirs de l’école afin de savoir quels artistes allaient donner des conférences et j’étais curieux par rapport à ces travaux, ces affiches et toutes les réflexions sur le graphisme qui les accompagnaient. Cela m’a amené, plusieurs années après, à vouloir les présenter dans le cadre de l’École des beaux-arts de Rennes.

 

La technique utilisée est quasiment exclusivement la sérigraphie. Hormis le fait que CalArts possède un atelier de sérigraphie, cette technique permet de réaliser à un coût relativement faible des tirages multiples (la plupart des affiches sont imprimées à une trentaine d’exemplaires) et offre aux étudiants la possibilité de se confronter à toutes les étapes de fabrication. L’apprentissage de la technique n’est pas une finalité en soi mais permet au designer de prendre en compte les contraintes et les possibilités qui lui sont offertes dès la conception des affiches.”

Exposiiton de sérigraphie Rennes Earthquakes & Aftershocks

Même si le résultat est souvent une succession de touches hasardeuses, d’expérimentations fortuites, il y a comme une fraîcheur, une aisance non dénuée d’humour dans l’association de l’image et des typos bien « typées ». Les visiting posters (affiches de performances ou de conférences) permettent ce genre de liberté : aucune contrainte commerciale, ni même de lisibilité (ou presque !).

 

Il serait un peu simpliste de dire qu’il s’agit de créations typiquement américaines, pourtant Il n’y a qu’eux pour produire aussi sérieusement des choses décalées ! Au delà de la qualité artistique, elles offrent surtout un panorama unique sur les possibilités offertes par la sérigraphie. On trouve ici une profusion de tentatives d’utilisation de la surimpression et une palette de styles qui va du gribouillage à l’illustration vectorielle, de la composition typographique la plus stricte à la plus débridée. En 2005, devant ces 64 affiches, j’ai ressenti un choc, une stupeur et un tremblement…

 

« Qu’est-ce qui fait la différence entre le graphisme européen et le graphisme américain, le graphisme californien en particulier ? La typographie occupe une place en Amérique qu’elle n’occupe absolument pas en Europe [..]“ Michel Bouvet dans Earthquakes & Aftershocks (Presses universitaires de Rennes).

CalArts screenprint

 

Exposiiton de sérigraphie Rennes Earthquakes & Aftershocks
Exposiiton de sérigraphie Rennes Earthquakes & Aftershocks
Exposiiton de sérigraphie Rennes Earthquakes & Aftershocks
Exposiiton de sérigraphie Rennes Earthquakes & Aftershocks
Exposiiton de sérigraphie Rennes Earthquakes & Aftershocks

L’exposition Earthquakes & Aftershocks en 2005 sur les murs de l’Ėcole des beaux-arts de Rennes / photo Jérôme Saint-Loubert Bié

 

Pour la première fois depuis 2005-2006, toute les affiches de l’exposition sont à nouveau visibles sur mon board Pinterest.

 

Le livre de 160 pages (français-anglais) mis en page par Yasmin Khan et Jon Sueda et publié en 2005 lors de l’exposition Earthquakes & Aftershocks est toujours disponible auprès du PUR (Presses universitaires de Rennes). On y retrouve des textes de Louise Sandhauss, Michel Bouvet et Jeff Rian issus de la conférence La Culture contemporaine en Californie.

 

À lire aussi :
Une brève histoire du sérigraphisme…
L’histoire secrète de la sérigraphie
Obey : dans l’atelier du Géant

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1 Retour sur Earthquakes & Aftershocks

  • Zig

    Une première exposition de plus grande envergure fut celle organisée par Michel Bouvet au musée du graphisme d’Echirolles. Il s’agissait de East Coast, West Coast. Le livre publié en 2002 retrace un voyage d’est en ouest au cœur de la création graphique américaine, de Seymour Chwast (New York) à Emigre (San Francisco) : une référence.

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